J'avais 8 ans la première fois que mon papa a parlé de partir avec Exit. 1985. Table du souper. Sujet du jour. Ambiance.
Ça peut paraître étrange, mais le sujet de la mort et de l’euthanasie a fait partie de ma normalité dès le début.
Avance rapide en 2010. Mon papa (Daddy) a 85 ans. Maladie dégénérative du système nerveux.
Son état se détériore progressivement. il fait plusieurs chutes, et fini par choisir l’alitement.
La fin se rapproche, on le sait tous.
Même articuler devient difficile.
Dimanche 9 janvier 2011. Visite comme chaque semaine. Mes parents m'annoncent : "Daddy part la semaine prochaine. Il ne veut pas que tu sois là."
Tremblement de terre.
Je sais depuis mes 8 ans que ce jour arrivera. Mais là, c'est réel. Je vais perdre mon pilier, mon héros.
Il ne verra jamais ma ferme, mes chevaux, mon mariage. Il ne rencontrera pas mes enfants.
Je saute sur son lit. Tant pis s'il ne veut ni adieux ni larmes - c'est MOI qui vais rester avec ça.
Blottie contre lui : "Je t'aime."
Il répond, difficilement : "Bless you, take care of you."
Ses dernières paroles. Celles qu'il m'a répétées toute sa vie.
Le lendemain matin, l'appel. Daddy est parti.
Selon moi, la mort n'est pas le pire. Le pire aurait été que Daddy ne s'autorise pas à faire son propre choix. Mon intention n'est pas de faire du prosélytisme pour l'euthanasie. Mais de défendre le LIBRE CHOIX en toutes circonstances. Mon papa s'est autorisé à se protéger, à nous protéger, à partir dans la dignité. Il a choisi SA mort. Je souhaite à chacun de pouvoir s'autoriser son propre choix, tous les jours de sa vie, et jusqu'à sa mort.
Mon papa s'est autorisé à choisir sa vie et sa mort. Et ça lui a demandé beaucoup de courage.
Si tu peines à trouver le courage de faire tes propres choix en te libérant des attentes des autres, ça peut changer, et je peux t'aider.